Axé principalement sur la lecture de la poésie contemporaine, ce site rassemble des textes de critique : notes de lecture publiées pour la plupart dans des revues au cours des dernières années, mais aussi articles, allocutions, chroniques, présentations, conférences, préfaces ou postfaces, prières d’insérer, etc.
La recherche s’effectue alphabétiquement par les noms des auteurs commentés.
Après l’état de stupeur provoqué par la perte, le souvenir des disparus, « Père et Mère, maintenant si jeunes », introduit au mystère du passage, à sa réserve d’insoupçonnable et au travail de la mémoire. Lorsque « la chair s’en va », que l’on appartient désormais à la « patrie des séparés », comment « flairer du sens à l’abîme » ? Mais le froid n’a pas encore tout recouvert et l’appel aux âmes de ceux qui furent, le déboulé de leurs visages, leur petite musique intermittente nous investissent comme d’une « odeur (...)
Le travail d’Yves Martin illustre bien la définition de Valéry sur le travail poétique : « Écrire avec des mots, pas avec des idées » ; ces mots que le poète s’approprie, retape, pour leur donner une vie de fétiches contre les tourments du monde et sa propre apocalypse intérieure. Sur l’établi d’un enchanteur jamais à court d’astuces, déferlent les aventures d’un imaginaire surpeuplé et prompt à brouiller les cartes entre songes, figures du cinéma et de la littérature, fantasmes et dures réalités. Entre ses (...)
On habite l’absurde par défaut, on déambule dans la stupéfaction d’être « ni né ni mort » dans une misère parfois somptueuse mais toujours terrible, où la solitude est virtuose, « où la voix même du temps s’étiole ». Et puis on rencontre l’amour et tout passe à l’ivresse, le monde se transforme dans les ovations du cœur. On devient, ou l’on redevient, protégé de la barbarie universelle, même si, pour vivre, la passion qu’on éprouve doit s’enfouir dans la nuit et se réjouir au soleil.
Attisé par le « lit de braise (...)
Il n’aurait pas misé sur son immortalité littéraire (« N’espère pas mourir / Et que vivent ces vers / Le naufrage sans eux / Ne serait pas complet »). Claude Elisar, alias Claude Israël, né le 21 avril 1923 à Alexandrie, nous a quittés dans son Paris, en 2010, en laissant ce Recueil inachevé à plus d’un titre. Hanté par l’imperfection, modeste, secret, tolérant, généreux, il est l’auteur de dix-sept ouvrages qui témoignent de son refus des illusions et de l’obscur, mais aussi de son attachement pour tout ce qui (...)